Publié par SEO620173 le

jeune homme regardant un écran d'ordianteur avec une mauvaise posture, sur le mur des affiches et on voit une fenêtre

Ergonomie et TMS : un enjeu majeur pour les entreprises

Avec la généralisation du travail sur écran, les troubles musculosquelettiques (TMS) liés au poste informatique connaissent une progression constante dans les entreprises.

En effet, l’évolution des organisations du travail, la digitalisation des activités et l’augmentation du temps passé devant les écrans exposent de nombreux salariés à des contraintes posturales prolongées.

Par conséquent, les entreprises doivent désormais intégrer l’ergonomie du poste informatique dans leur stratégie globale de prévention des risques professionnels.

Ainsi, pour les directions et les services ressources humaines, la prévention des TMS constitue à la fois un enjeu de santé au travail, de performance durable et de responsabilité sociale.

Pourquoi le travail sur écran favorise-t-il les TMS ?

Contrairement aux idées reçues, les TMS ne concernent pas uniquement les métiers physiques ou industriels.

En réalité, les activités tertiaires comportent également des contraintes biomécaniques importantes.

En effet, plusieurs facteurs favorisent l’apparition des troubles musculosquelettiques dans les activités de bureau :

  • la posture assise prolongée ;

  • la répétition des mouvements de la souris et du clavier ;

  • les tensions cervicales liées à un écran mal positionné ;

  • les poignets en extension lors de la frappe ;

  • l’absence de pauses régulières.

De ce fait, ces contraintes répétées génèrent progressivement des microtraumatismes au niveau des muscles, des tendons et des articulations.

À long terme, ces sollicitations peuvent évoluer vers des douleurs chroniques, voire vers des pathologies reconnues comme maladies professionnelles.

 

Les principaux TMS liés au poste informatique

Dans le cadre du travail sur écran, certains troubles musculosquelettiques sont particulièrement fréquents.

On observe notamment :

  • les cervicalgies (douleurs au niveau du cou) ;

  • les lombalgies liées à une posture assise prolongée ;

  • les tendinites de l’épaule ;

  • le syndrome du canal carpien ;

  • les douleurs des poignets et des avant-bras.

Ainsi, même en l’absence de manutention ou de port de charges, un poste de travail mal réglé peut entraîner des conséquences importantes sur la santé des salariés.

Pour les entreprises, ces situations peuvent également générer une augmentation de l’absentéisme, une baisse de la performance et des coûts indirects liés aux arrêts de travail.

 

Comment aménager un poste informatique ergonomique ?

Afin de réduire les risques de TMS, l’aménagement ergonomique du poste informatique repose sur plusieurs principes essentiels.

1️⃣ La hauteur et la position de l’écran

Tout d’abord, le haut de l’écran doit idéalement se situer au niveau des yeux afin d’éviter les flexions cervicales répétées.

Par ailleurs, la distance entre les yeux et l’écran doit généralement être comprise entre 50 et 70 centimètres.

Cette configuration permet de limiter la fatigue visuelle et les tensions au niveau du cou.


femme avec de longs cheveux attachés devant un écran d'ordinateur à Rouvroy

Il est important que l’écran de travail soit adapté


2️⃣ La position du siège

Ensuite, le siège de travail doit être réglable afin de s’adapter à la morphologie de chaque utilisateur.

Il doit permettre :

  • un appui complet des pieds au sol ;

  • des genoux positionnés à angle droit ;

  • un soutien lombaire efficace.

De plus, un bon réglage du siège contribue directement à la prévention des douleurs dorsales.


3️⃣ La position du clavier et de la souris

Par ailleurs, le clavier et la souris doivent être placés de manière à maintenir les avant-bras horizontaux et proches du corps.

En outre, les poignets doivent rester dans l’alignement naturel de l’avant-bras afin d’éviter les tensions articulaires.

Cette position réduit significativement les risques de tendinites et de syndrome du canal carpien.


4️⃣ L’éclairage du poste de travail

L’éclairage constitue également un élément déterminant de l’ergonomie.

En effet, un éclairage mal adapté peut entraîner des tensions visuelles et favoriser des postures compensatoires.

Ainsi, l’écran doit idéalement être positionné perpendiculairement aux fenêtres afin d’éviter les reflets et l’éblouissement.


Les caractères et le fond de l’écran : un facteur souvent négligé

Au-delà du mobilier et de la posture, les paramètres d’affichage de l’écran jouent également un rôle important dans la prévention des tensions musculaires et de la fatigue visuelle.

Tout d’abord, la taille des caractères doit être suffisamment grande pour permettre une lecture confortable sans incliner la tête vers l’avant.

De plus, une police simple et lisible (sans surcharge graphique) facilite la lecture prolongée et réduit les efforts visuels.

Concernant le fond de l’écran, il est recommandé de privilégier des contrastes équilibrés. Par exemple :

  • fond clair avec texte sombre ;

  • luminosité adaptée à l’éclairage ambiant ;

  • réduction de la lumière bleue en fin de journée.

En effet, un contraste trop faible ou un écran trop lumineux peut entraîner une fatigue visuelle, incitant le salarié à modifier sa posture et à générer des tensions cervicales.

Ainsi, l’optimisation de l’affichage participe pleinement à l’ergonomie globale du poste de travail.

 

video comment être bien installé à un poste de travail sur écran


L’importance des pauses et de l’alternance

Cependant, même un poste parfaitement ergonomique ne supprime pas totalement les risques liés à la posture statique.

C’est pourquoi il est recommandé d’intégrer des pauses régulières dans l’organisation du travail.

Par exemple, il est conseillé :

  • de réaliser une pause active toutes les heures ;

  • de se lever et de marcher quelques minutes ;

  • d’alterner les tâches lorsque cela est possible ;

  • de pratiquer des étirements simples.

Par ailleurs, ces micro-pauses ont également un impact positif sur la concentration et la performance cognitive.

 

Les obligations de l’employeur en matière d’ergonomie

Dans le cadre de la prévention des risques professionnels, l’employeur a l’obligation d’évaluer les risques liés au travail sur écran.

Cette démarche s’inscrit notamment dans l’élaboration et la mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).

Concrètement, cela implique :

  • l’analyse ergonomique des postes informatiques ;

  • l’adaptation du mobilier et des équipements ;

  • la sensibilisation des salariés aux bonnes postures ;

  • l’intégration du risque TMS dans la politique de prévention.

Ainsi, l’ergonomie ne relève pas uniquement d’une démarche de confort, mais constitue une obligation réglementaire en matière de santé et de sécurité au travail.


Ergonomie et télétravail : un enjeu croissant

Depuis le développement du télétravail, de nombreux salariés utilisent des installations non adaptées : table de cuisine, canapé, ordinateur portable sans support.

Par conséquent, ces situations augmentent significativement les risques de TMS.

Dans ce contexte, les entreprises doivent accompagner les collaborateurs dans l’aménagement de leur poste de travail à domicile.

Cela peut notamment passer par :

  • des guides ergonomiques ;

  • des formations à distance ;

  • la mise à disposition de matériel adapté.

Vers une prévention durable des TMS au bureau

 

En définitive, l’ergonomie du poste informatique constitue aujourd’hui un pilier essentiel de la prévention des troubles musculosquelettiques dans les organisations.

Un poste de travail bien aménagé permet non seulement de réduire les douleurs et les arrêts de travail, mais également d’améliorer la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs.

Ainsi, pour les directions et les services RH, investir dans l’ergonomie représente un levier stratégique au service de la santé des salariés et de la performance durable de l’entreprise.

Ce deuxième article s’inscrit dans notre série nationale consacrée à la prévention des TMS et aux pratiques concrètes permettant aux organisations de mieux protéger leurs collaborateurs.